LE COIN DE LA PRESSE

Métropolys - Pourriez-vous nous présenter votre activité ALLO, J'ÉCOUTE ?

Ludovic GIVRON - Tout est dans le nom "Allo... J'écoute". Ce service est un service D'ÉCOUTE sauf qu'il s'exerce dans un cas d'urgence. Quand quelqu'un a besoin de parler, il en a besoin dans l'instant, pas dans 10 jours. Alors nous sommes ce maillon manquant

Métropolys - Mais y a déjà des psychologues et des psychiatres ?

Ludovic GIVRON - Tout à fait ! Mais eux sont des thérapeutes. Ils apportent une réponse dans une prise en charge thérapeutique et dans un suivi. Nous, nous n'avons pas cette prétention et nous n'avons pas cette formation. Nous sommes les 1ers Secours, ceux qui interviennent dans l'urgence avant la prise en charge psychologique ou psychiatrique.

Métropolys - Juste de l'écoute ?

Ludovic GIVRON - Oui et croyez-moi c'est déjà très important. Quand quelqu'un ressent le besoin de parler, il faut qu'il puisse trouver une oreille attentive et parfois on préfère se confier à un inconnu avec qui une confiance s'est installée plutôt qu'à son entourage de peur d'être jugé, mal compris ou tout simplement par peur de les déranger.

Métropolys - Comment définiriez vous votre intervention ?

Ludovic GIVRON - C'est comme les Pompiers qui interviennent les premiers sur un accident. Ils vont apporter des premiers secours qui seront importants pour la suite de la prise en charge mais ils sont ni médecin, ni infirmier. Ils soulagent à l'instant T avant de passer le relais aux équipes compétentes. Eh bien c'est comme ça que je pourrais résumer notre action

Métropolys - Comment vous est venue cette idée de mettre en place des Premiers Secours Socio Psychologiques ? 

Ludovic GIVRON - Il faut revenir au début des années 2000 et constatant le manque de prise en charge dans les hôpitaux pour les familles des accidentés je me suis dis qu'il fallait créer un maillon dans cette chaîne pour permettre aux familles, qui attendaient dans la salle d'attente des urgences,d'être rassurées et par la même occasion de diminuer le nombre d'agressions chez le personnel soignant dans les services d'urgence. 

En 2005, avec le concours de la DASS de l'Aisne et du Ministre de la Santé de l'époque, nous avons mis en place les Antennes Mobiles de Premiers Secours Socio-Psychologiques.  Des équipes formées à l'écoute et déclenchées par le SAMU 02 pour intervenir auprès des impliqués non blessés et des témoins de situation d'exception. Trois ans plus tard, nous étions présents dans tout les SMUR du département et nous avions créés 40 emplois.

J'en ai tiré la leçon que, de plus en plus, les gens avaient besoin de parler des souffrances qu'ils portaient en eux et je me suis donc servi de mon expérience pour mettre en place ALLO, J'ÉCOUTE parallèlement aux formations de 1ers Secours Socio Psychologiques, des formations qui intéressent beaucoup les personnels des mairies, des écoles ou encore du maintien à domicile

Métropolys - C'est un service payant ? 

Ludovic GIVRON - Oui, le service est payant mais nous avons souhaité rester accessible à tous. Nous cherchons uniquement à couvrir nos coûts de fonctionnement. Notre prise en charge est de 30€ par consultation et peut-être remboursée par certaines mutuelles

Métropolys - Pour combien de temps ? 

Ludovic GIVRON - Nous ne sommes pas limités par le temps. Bien sur que nous ne pourrons pas accorder une demi-journée à une seule personne mais je ne me vois pas dire, en pleine écoute, " Nous avons atteints les 20 minutes, nous allons devoir raccrocher". Ca irait à l'encontre des valeurs du service proposé.